À 19 ans, le jeune boxeur va passer professionnel et ouvrir un club à Redon
Les uppercuts comme les crochets n'ont plus de secret pour lui. À 19 ans, Tony Guitton est un boxeur aux talents unanimement reconnus. À tel point que ce jeune redonnais, issu de la communauté des gens du voyage, passera professionnel en septembre, puis ouvrira un club dans la foulée, histoire de donner envie à d'autres de monter sur un ring.
Ne lui parlez pas de football, de golf ou de cyclisme ! Son truc à lui, c'est la boxe. Mais pas n'importe laquelle. L'anglaise, la seule, la vraie, l'ancestrale. Depuis plusieurs mois, Tony Guitton est l'un des princes du ring breton, le grand spécialiste de l'uppercut et du crochet droit ou gauche. Une manière pour lui de se défouler. Son palmarès commence à être déjà bien fourni : double champion régional junior et senior, et régulièrement des places d'honneur dans les plus grands rendez-vous nationaux. Un talent qu'il travaille à Saint-Avé, près de Vannes, faute de salle à Redon.
En moyenne, Tony Guitton met les gants trois heures par semaine, sans compter les petits matches entre frères à la maison. Le reste du temps, il épaule son entraîneur en donnant des cours aux débutants. Une double casquette de champion et de pédagogue qui lui sied bien. Tellement qu'en septembre, il passera professionnel et ouvrira un club à Redon. Un défi qu'il prépare avec sérénité, mais détermination. « C'est mon but. Je fais donc tout pour l'atteindre, en préparant, notamment, mon diplôme d'éducateur sportif. Je sais que ce sera très difficile de concilier les cours et les compétitions, mais quand on est passionné, on y arrive toujours. »
À condition de respecter une hygiène de vie très très stricte ! Les grammes en trop ne pardonnent pas. Tony est super léger. Soixante-quatre kilos et quelques poussières, jamais une de plus, sous peine d'être obligé de la perdre au plus vite. « C'est une discipline. On s'y habitue. Je suis très attentif à ce que je mange. Si je fais quelques excès, je vais aussitôt les éliminer en courant. Mais je n'invente rien. La recette est connue. Tous les grands font pareil. Et preuve que ça marche et n'abîme pas la santé : certains combattent jusqu'à l'âge de 40 ans. »
Bientôt un gala à Redon ?
En consacrant une partie de sa vie au ring, Tony Guitton sait qu'il sera amené à pas mal voyager, un peu partout en Europe (surtout en Pologne, en Suisse et aux Canaries), voire plus loin si les résultats sont là. Ce qui n'est pas pour lui déplaire. « La ceinture mondiale ? C'est un rêve. Mais, pour l'instant, je n'y pense pas. Je gère ma carrière à mon rythme. On verra ce qui arrivera... »
D'ici là, il sera possible de voir combattre Tony Guitton à Redon, au printemps sans doute. Un grand gala est en préparation, en lien avec le club de Saint-Avé. Une première depuis bien longtemps.